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12.12.2008 par Fanfan.
En 2020, on n’étudie plus « 1984 » dans les écoles. Apprivoisée, la technologie est le meilleur ami de l’homme.
Cette phrase complètement idiote et plutot révélatrice, est signée M Levy, président du directoir de Vivendi…
J’ai pas mal parlé de l’ARCEP récemment, et c’est car je pense qu’on aura moins l’occasion de saluer leur travail dans très peu de temps… Je vous invite à lire la lettre n°64 de l’autorité, ou une vingtaine de personnalitéss sont invitées à livrer leur vision du monde en 2020. En préambule nous avons également une analyse sur les taux de pénétration et de répartition des différentes technologies dont on entend parler : très haut débis, voix sur IP…
Je vous laisee savourer le monde en 2020 vu par l’UFC-Que Choisir…
Enfer ou paradis, par Alain Bazot
La France est dans une phase charnière de la mutation numérique de notre société et les décisions qui vont être prises – la 4e licence 3G, l’encadrement de la fibre, le dividende numérique, la neutralité du net, etc… – dans les années à venir seront déterminantes. Selon les choix arrêtés, la situation du consommateur pourrait bien devenir un enfer ou un paradis.
Enfer consumériste…
Le 20 avril 2020, l’ARCEP vient de publier un nouveau rapport sur la couverture du territoire et le constat est des plus alarmants. La fracture numérique ne cesse de se creuser. Seules les très grandes villes, comme Paris, Lyon ou Marseille bénéficient d’une vraie couverture en fibre ou en très haut débit sans fil (la 4G mobile). Plus inquiétant encore, la 3G n’est pas encore disponible sur l’ensemble du territoire. Pourtant, après avoir remporté les fréquences mises aux enchères en 2009, et initialement destinées à un nouvel entrant, les opérateurs de réseaux d’alors s’étaient engagés à éliminer l’ensemble des zones blanches. L’UFC-Que Choisir ne peut que s’inquiéter pour l’avenir du secteur. Il est vrai que l’abandon du marché par Free en 2014
faute de licence mobile à l’heure de la convergence, puis par Bouygues Telecom en 2016, incapable de proposer des contenus attractifs, a laissé place à un duopole peu enclin à entrer dans une lutte concurrentielle au bénéfice du consommateur. Cette consolidation du marché affecte sa vie à double titre : non seulement sa facture numérique croît mais son accès à la culture se restreint de manière continue. En effet, depuis que SFR distribue en exclusivité les programmes de Canal Plus et qu’Orange a racheté TF1 et M6, la télévision n’apporte plus grand bénéfice aux consommateurs. Elle n’est qu’une maigre consolation pour les nombreux ménages qui sont dans l’incapacité de payer le forfait intégral (Internet, téléphone fixe et mobile, télévision)
qui démarre à 75 euros. On peut également souligner que les forfaits musicaux sont à des prix toujours
aussi élevés. Cela dit, est-il encore intéressant de payer 50 euros par mois pour les oeuvres de deux multinationales qui proposent finalement très peu de nouveautés et s’appuient massivement sur de vieux catalogues de musique ? La seule alternative pour le consommateur est alors d’écouter les artistes produits par Orange et SFR, mais là encore il faut choisir son camp. Aller chez Orange pour avoir le dernier album de Lourdes Ciccone (la fille de Madonna, ndlr) ou chez SFR pour écouter le dernier album des octogénaires
Rolling Stones ?
L’UFC-Que Choisir ne peut que constater l’enlisement du secteur qui a fait le choix d’une stratégie de «monopole », avec une offre faible à des prix élevés. Outre la dégradation continue des conditions de marché du secteur numérique, cette stratégie a conduit à un appauvrissement certain de l’environnement culturel des consommateurs. L’association tient à alerter le gouvernement sur ce qui constitue une grave crise et lui demande d’intervenir au plus vite pour stopper les dérives issues de l’incapacité des pouvoirs publics à créer les véritables conditions de la concurrence depuis plus de dix ans. L’UFC-Que Choisir rappelle au gouvernement qu’il ne peut y avoir concurrence sans une régulation efficace.
… ou paradis du choix numérique ?
La dernière publication de l’Observatoire des marchés de l’ARCEP du deuxième trimestre 2020 confirme que l’offre française de services numériques reste l’une des meilleures au monde. Et même si le prix moyen des offres des cinq opérateurs numériques stagne à 35 euros par mois, les usages ne cessent de croître. En effet, outre la voix sur fixe et mobile, les SMS, MMS et mini vidéos illimités, Happyusers, le challenger du secteur, vient d’ajouter à son offre la visioconférence HD en illimité, que vous soyez chez vous ou dans la rue avec votre mobile. Il est certain que cette innovation va relancer la concurrence et contraindre les leaders du secteur à rogner encore un peu plus sur leurs marges. Orange a d’ailleurs répliqué en étoffant un peu plus son
forfait « télévision » et même si certaines chaines sont déjà dans le bouquet de Free ou de SFR, l’opérateur a désormais l’offre la plus étendue et au meilleur prix (7 euros). Si on considère le nombre de chaines déjà présentes dans l’offre gratuite, il y a fort à parier que les abonnés d’Orange n’auront plus à souscrire à des chaines supplémentaires au détail. SFR, de son côté, n’est pas en reste et a annoncé offrir gratuitement le forfait « illimusics », qui regroupe l’ensemble de l’offre musicale du marché à tous les nouveaux abonnés, soit une économie de 6 euros.
Free préfère jouer l’innovation sur la partie filaire en poussant le débit fibre à 2 gigas/seconde. La stratégie du point à point développée dès le départ par l’opérateur s’avère payante. En quelques mois, il est devenu
l’acteur des « gamers » accros aux jeux en réseau en extra HD 3D qui nécessitent beaucoup de bande passante. D’ailleurs, Free progresse un peu partout en France grâce aux installations multifibres qui lui permettent d’atteindre la majeure partie de la population. La lutte est devenue serrée mais le consommateur ne peut que se réjouir de l’intensité concurrentielle du secteur. Il dispose d’une offre variée et à des prix raisonnables. Le plus difficile pour lui est de faire un choix entre les différents avantages proposés. La mission d’information et de conseil de l’UFC-Que Choisir n’en est que plus renforcée.
Alex Türk (Cnil) : « Vers la disparition de la vie privée »
« Que reste-il de notre vie privée ? De notre droit à l’intimité ? Doit-on parler de droit à la vie privée ou plutôt de droit à la transparence ?, s’interroge le président de la Cnil, Alex Türk. A une époque où l’internaute est tout à la fois ficheur et fiché, où il devient la cible privilégiée des stratèges d’analyse comportementale (…) certains revendiquent haut et fort le droit de propriété sur leurs données, la liberté de déterminer sans contraintes l’utilisation qu’ils souhaitent faire de leurs données et bien sûr le droit à l’anonymat. Et Alex Türk de se demander : Mais avons-nous réellement ce libre choix aujourd’hui ? ». Si la situation est critique elle ne pourrait semble-t-il qu’empirer d’ici à 2020. Car, comme le note le président de la Cnil, en renonçant à une part de plus en plus importante de notre vie privée, nous risquons ne effet de porter atteinte de manière irréversible, à notre espace intime et à nos droits fondamentaux ». Près de 25 ans après 1984, le livre d’Orwell est toujours dans les esprits.
« Il faut réaffirmer plus que jamais notre droit à la protection des données comme un droit fondamental et l’inscrire dans notre Constitution. »
Sinon, après la loi Vivendi d’il y a quelques années, la loi TF1 dont on a pu savouré dans le canard Enchaîné comment sont écrits les textes de loi par les parlementaires élus, je pense qu’on pourra savourer la régulation vue en toute indépendance et objectivité par Orange :
Tu m’étonnes qu’on ne lira plus 1984 d’Orwell en 2020, je viens de finir Le meilleur des Mondes , et il ne faudrait pas enseigner l’esprit critique et remettre en cause le néoféodalisme actuel…
Terminons par ces quelques mots de Didier Lombard sur le monde de 2020, à la lumière de l’article du Canard…
Puissent ces quelques réflexions permettre d’engager une nouvelle logique de régulation favorable aux investissements dans les réseaux, à l’innovation de service et, en retour, à la croissance et à l’emploi de demain
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